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SUGAR SAMMY: ROI DE L'HUMOUR ET NOUVEAU JURÉ
by LAURENT FLÜCKIGER
2018-10-11

Le Québécois intègre «La France a un incroyable talent» et est en spectacle à Lausanne le 30 octobre. Découvrez la rock star du stand-up.

Si vous ne connaissez pas encore Sugar Sammy, commencez par aller le voir en spectacle à la salle Métropole, à Lausanne, le 30 octobre. Au pire, allumez votre téléviseur sur M6, le même soir: il sera dans le jury de la nouvelle saison de «La France a incroyable talent» – non, l'émission n'est pas en direct. Si ce n'est pas possible, pas d'inquiétude: le Québécois est bien parti pour se faire une place de côté de l'Atlantique pour un petit moment. Il faut dire qu'il a tout pour.

Âgé de 42 ans, Sugar Sammy est une star de l'humour au Canada. Il a la culture des comedy clubs d'Amérique du Nord, a grandi en regardant Eddie Murphy et dit n'avoir aucune limite. L'artiste tourne même dans le monde entier, que ce soit en anglais, en français, en hindi ou en punjabi (il est d'origine indienne). Coup de fil.

Commençons par la nouvelle toute fraîche: vous intégrez le jury de «La France a incroyable talent». Quelle surprise!

Ils m'ont choisi parce qu'il fallait justifier le mot incroyable dans le titre de l'émission. (Rires.) Et de mon côté, je jugeais déjà les Français gratuitement. Alors pourquoi ne pas être payé pour? (Rires.) En réalité, ça s'est fait très naturellement. M6 et Fremantle, la boîte de production, sont venus me voir en décembre de l'année dernière. On s'est courtisés durant des mois avant de conclure en juillet. Tout est déjà tourné, sauf les demi-finales et la finale.

Après l’affaire Gilbert Rozon, accusé d’agression sexuelle, on imagine que la production a dû scruter votre dossier avec soin…

Je n'en ai aucune idée mais il n'y a pas d'inquiétude à avoir. (Rires.)

À l'écran, vous allez oser les blagues sur Gilbert Rozon?

Oui, dès la première émission. Il faut tout de suite désamorcer ce que les gens ont en tête. C'était la meilleure chose à faire.

Jusqu’en 2011, vous faisiez uniquement vos shows en anglais. Qu’est-ce qui vous a décidé à passer au français?

À Montréal, la société est bilingue et je n'avais jamais tenté l'aventure dans l'industrie du monde francophone. J'ai voulu tâter le terrain et ça a décollé tellement vite que durant quatre ans j'ai fait 4 à 6 spectacles par semaine à guichets fermés. Alors, je n'avais pas d'autre choix que d'explorer ça, et la voie s'est ouverte vers l'Europe en français. Mais je n'ai pas lâché l'anglais.

À quel âge avez-vous su que vous vouliez devenir humoriste?

À 9-10 ans. Je savais que je voulais devenir humoriste mais je n'étais pas sûr que c'était réaliste, alors je me suis dit qu'il fallait aller dans cette direction tout en ayant un plan B. Celui-ci a très vite disparu.

Votre modèle était Eddie Murphy, c'est juste?

Oui. Pour ma génération, chez les anglophones, leur raison d'être dans les années 1980 était Eddie Murphy, tous ses films, ses deux spectacles qu'il a sortis sur VHS.

Et comment est né votre sens de la répartie?

Ça s'est développé de fil en aiguille. En Amérique du Nord, on a la culture des comedy clubs où le public est assis très prêt, on ne peut pas l'ignorer. Ça fait partie de la culture du stand-up et c'est resté quand je suis passé aux grandes salles.

Est-ce qu’un bon humoriste est un humoriste politiquement incorrect?

Pas nécessairement. Jerry Seinfeld, par exemple, est politiquement correct et il est très efficace. Mais le politiquement incorrect est le genre d'humour que moi j'ai toujours aimé. C'est plus intéressant de franchir la ligne que personne n'a franchie plutôt que de rester dans un cadre établi.

Quels sont les sujets que vous n’oserez jamais aborder?

Il n'y en a pas. Dès qu'il y a un sujet que les gens ne veulent pas aborder, je me donne le devoir de le faire. Mais je ne suis pas le seul.

En spectacle, vous allez chercher le public sur les terrains les plus dangereux. Vous n’avez jamais eu d’ennuis?

Jamais. Il y a toujours un bon client. Les gens savent que c'est bienveillant, ils deviennent complices et se lâchent plus.

Dans votre spectacle, vous faites plein de blagues sur la France, vous en avez sur la Suisse?

J'ai un peu de matière. Je vais venir sur place un peu plus tôt pour en trouver davantage. Je vais probablement faire des comparaisons Lausanne-Genève et Suisse-France. Je suis venu en mars à Genève (ndlr.: à l'Uptown) et pendant tout le spectacle je pensais que le public ne m'aimait pas. À la fin, j'ai eu droit à une standing ovation et la file pour me rencontrer a été l'une des plus longues de la tournée européenne. Je crois que les Genevois n'expriment pas leur joie sur le moment, la conservent et la laissent éclater en un seul moment. (Rires.)

Avez-vous d'autres projets de côté-ci de l'Atlantique?

On est en discussion avec Fremantle. Je pense qu'avec M6, c'est le début d'une relation qui va durer longtemps. (Le Matin)