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Press

De MC Solaar à Philippe Risoli : Sugar Sammy, un incroyable talent au blind test ?
by Rossana Di Vincenzo
2018-11-13

Deux ans déjà que le « King of improvisation » québécois taille un joli costard à la France dans son spectacle. Une heure et demie de punchlines terriblement drôles, où Sugar Sammy passe en revue tous nos travers, des méandres de l’administration en passant par le racisme ambiant et la sympathie légendaire des Parisiens à l’égard des touristes. « Tout ce que je vis ici, toutes ces anecdotes, font que j’accumule encore plus de matériel, et maintenant un peu comme à l’école, je suis prêt à passer à mon niveau 2 de Français (rires) ! » explique ce grand gaillard de 42 ans. 

Depuis quelques semaines, l’humoriste se frotte à une nouvelle expérience. Il a intégré le jury de l’émission sur M6 La France a un Incroyable Talent. Un nouveau challenge qui n’effraie pas ce fan de rap français et de la réplique qui tue : « C’était une opportunité de voir enfin à la télé un humoriste faire ce genre de blagues-là. Quelqu’un qui est sans filtre et qui ose parler de tous les tabous en prime time. Finalement je joue un peu le rôle du Français cynique qui n’aime rien et qui critique tout. Vous m’avez complètement contaminé (rires) ! »

Missy Elliott ft. Nicole Wray & MC Solaar - All N My Grill

« [Il trouve tout de suite] Missy Elliot featuring MC Solaar ! [Il chante] “Zigzag zigzag oui j'ai dû zigzagué..” C'est la meilleure version de ce morceau ! Je suis un grand fan de MC Solaar, ses textes, son flow ! C’est vraiment grâce à des artistes comme lui que j’ai voulu venir tenter ma chance ici. IAM, Solaar... il y avait une originalité dans le rap français des années 1990 qu’on n’avait pas au Québec. Ce n’était pas des artsites français qui voulaient rapper comme les Américains, le rap français de cette période a totalement assumé son identité. Aujourd’hui il y a de bons rappeurs québécois comme Loud, mais c’est du rap que j’appelle “street-bobo”, un peu à la Orelsan ou Nekfeu... le type vient des Alpes-Maritimes, il ne lui est jamais rien arrivé, il n’a pas assez souffert (rires) !  » 

“Quand tu écoutes DMX, au bout de deux morceaux, il faut que tu ailles te reposer, et sentir des fleurs”

Notorious B.I.G. - Juicy

« [Il trouve tout de suite] Notorious B.I.G. ! Ça c'est la base ! C’est le meilleur pour moi, en terme de parole, le choix des instrus, la production et surtout de flow. En humour, j'ai plus de flow quand j'improvise en anglais, je suis toujours plus rapide... Biggie, c’est sans effort, fluide, naturel et pas agressif. Quand tu écoutes certains rappeurs comme DMX, au bout de deux morceaux, il faut que tu ailles te reposer, et sentir des fleurs (rires) ! C’est ce que j’aime en rap comme en humour, les artistes qui ne se survendent pas car ils ont confiance dans leurs textes. Quand on ne voit pas le travail, quand c’est efficace en étant sobre, sans fard. C'est pour ça que j'ai aimé tout de suite Eddie Murphy, son spectacle “Delirious” même plus que “Raw”, parce que il avait une confiance en lui incroyable, il arrivait sur scène tranquille, il savait exactement où les chutes et les rires allaient tomber. »

Coluche - Chanson canadienne

« [Il ne trouve pas] Ce n’est pas un chanteur ? Ça ressemble à du Bob Dylan en français (rires) ! [Après lui avoir donné la réponse] C’est Coluche ? S’il était encore vivant, Copycomic devrait sortir une nouvelle vidéo (rires) ! J'ai toujours entendu que c'était l’un des premiers à pomper le travail d’autres artistes. D’ailleurs il me semble qu’il l’a lui-même avoué en disant : « Si je dois citer tous les gens que j'ai copiés pour mon spectacle, je n'aurais pas assez de place pour mettre mon nom sur ma propre affiche »! Mais c’est une légende ici, Coluche, comme Desproges, on les cite tout le temps en exemple. C'est drôle finalement car c’est quelque chose de très français de vénérer les artistes encore plus une fois qu’ils sont morts.

“Je préfère Guy Bedos”

Quand je suis arrivé en France, j'ai regardé un peu leurs sketchs, mais ça ne me parlait pas. Je préfère des légendes de l'humour hexagonal qui sont encore vivantes, Guy Bedos par exemple. C'était l’un des premiers à faire du stand-up comme on en fait aujourd’hui finalement, avec un vrai commentaire social. Les humoristes ici ne le citent quasiment jamais parmi leurs influences, alors que lui aussi a challengé l’establishment et le gouvernement à travers ses sketchs. Finalement son problème, c’est qu’il est encore vivant (rires) ! »

Céline Dion - Ne partez pas sans moi

« [Il trouve tout de suite] Céline, tu peux pas te tromper ! C’est un peu notre Johnny à nous. Moi ça ne me parle pas personnellement, je n’ai jamais écouté une chanson de Céline Dion de ma propre volonté (rires) ! Ça m’a a toujours été imposé en faisant du shopping ou à la radio quand je ne peux pas changer de station. Mes idoles d’enfance étaient plutôt des joueurs de hockey, Patrick Roy, Mario Lemieux, Wayne Gretzky. Sinon j’avais une culture musicale très anglophone, j’écoutais Prince, Michael Jackson, George Michael, Janet Jackson... ne me jugez pas (rires) ! Et en humour, Eddie Murphy pour moi, reste le roi du stand-up. Je ne sais pas si un jour, il remontera sur scène. Quand tu réussis comme ça très tôt dans ta carrière et sans avoir aucun échec ou presque, c’est plus dur de “prendre des coups” comme on dit dans le métier ensuite. Moi j’ai 22 ans de carrière et 12 ans d’échec de suite avant d’en arriver là. Bien sûr la peur du bide est toujours présente, mais aujourd’hui je sais comment m’en remettre. C’est un peu comme le type qui se fait larguer par plein de filles : c’est la première fois qui fait le plus mal. C’est pour ça que c’était bien pour moi de venir en France, personne ne me connaissait ici je pouvais échouer dès le début (rires) ! »

Philippe Risoli – Cuitas les bananas

« [Il ne trouve pas du tout] Mais c’est quoi ce truc ? [On lui donne la réponse] C’est un présentateur télé ? (rires) Ça aussi c'est quelque chose de très français de ne pas pouvoir jouer sur plusieurs catégories. Vous aimez bien compartimenter les choses, vous (rires) ! En Amérique du Nord, ce n’est pas le cas, si tu es un humoriste et que tu as l'opportunité de faire plusieurs choses différentes, tu peux. Quand j'ai accepté de faire l’émission “La France a un Incroyable Talent”, beaucoup de personnes ici m’ont dit : « Tu ne devrais pas faire ça, ça va faire du mal à ta carrière ». Vous les Français vous avez toujours peur de tenter de nouvelles choses, de prendre des risques, d’avoir l’air con dans n’importe quelles circonstances. Ma seule condition pour faire l’émission, c’était de pouvoir rester moi-même. Je ne suis pas là pour être un nouveau Simon Cowell (juré notamment sur “America’s got talent” connu pour être particulièrement méchant – NDLR) ou un nouveau Gilbert (Rozon – NDLR). J’y suis allé avec mon humour, en étant aussi exigeant que lorsque je suis sur scène, et surtout je ne voulais pas qu’on me censure ! Je voulais pouvoir faire mon truc à savoir dire tout ce que je veux, sans aucune retenue, être sans filtre. Selon moi, c’est possible de rester piquant mais avec une certaine élégance. Je suis un peu le jury grognon de l’émission, le “Bad Santa”. Tu connais ce film ? J’adore ce rôle ! C’est un peu Serge Gaisbourg en Père Noël. Voilà, c’est ça que je voulais faire (rires) ! »

Ulrika Von Glott - Les Mandarines

« [Il ne trouve pas, on lui montre la vidéo] C’est Marianne (James, co-jury de l’émission La France a un Incroyable Talent – NDR) ? [Il explose de rire] Je savais qu’elle faisait du cabaret ou quelque chose comme ça. Mais en me montrant ça, tu viens de confirmer mes pires cauchemars (rires) ! »